L’éducation à la santé prend vie avec Rebee

04 décembre 2019

Santé Education

Démonstration d’une activité Rebee à l’école Saint-Jean-Baptiste à Nouméa, en présence d’Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de l’enseignement.

Démonstration d’une activité Rebee à l’école Saint-Jean-Baptiste à Nouméa, en présence d’Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de l’enseignement.

Rebee comme « Réussir, Être bien, Être ensemble » est un projet d’éducation à la santé destiné aux élèves des écoles primaires. Porté par le gouvernement et ses partenaires de l’enseignement et de la santé, ce nouvel outil sera déployé dans l’ensemble des établissements du premier degré à la rentrée 2020.

Mardi après-midi, à l’école Saint-Jean-Baptiste, les CP de maîtresse Séverine sont en pleine activité « Rebee ». Les enfants connaissent les consignes : il faut reconnaître les aliments naturels de ceux qui sont fabriqués et classer leur image selon qu’ils sont utiles ou pas pour être en bonne santé. Chaque petit groupe réalise son propre panneau et exprime ainsi ses connaissances et ses préférences, sous l’œil bienveillant d’Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de l’enseignement. « Les frites au Mac Do, c’est trop gras et salé ! », lance une élève. Et la sauce Maggi ? Ses camarades hésitent… « Les enseignants volontaires de l’école testent les activités depuis le mois de mars. Nous disposons de fiches pédagogiques toutes prêtes que nous pouvons ensuite adapter en classe pour que les enfants puissent par exemple travailler en groupe », explique l’enseignante qui voit déjà des effets notamment sur les habitudes alimentaires de ses élèves.

Éducation à la santé et réussite scolaire

Initié en septembre 2017, le projet Rebee est à la croisée des chemins du projet éducatif et du plan de santé Do Kamo. Son objectif : donner aux enseignants un outil clé en main – 200 fiches pédagogiques très exactement – leur permettant de transmettre aux élèves du CP au CM2 des connaissances sur de multiples thèmes comme le corps, la santé, la connaissance de soi, la capacité à résister aux pressions sociales (réseaux sociaux, publicité…)... « Le temps que les enfants passent dans le système scolaire est un moment privilégié pour accentuer nos actions en matière de prévention et d'éducation à la santé, rappelle Isabelle Champmoreau. Il est important de se concentrer sur la problématique de la santé scolaire pour pouvoir favoriser la réussite de tous ». Pour Claude Gambey, conseiller de Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la coordination du plan Do Kamo, « l’école est un des curseurs sur lequel il faut agir ». Et de rappeler « que l’estime de soi », prérequis indispensable aux conduites préventives, « est au cœur » de la politique de santé calédonienne.

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Le professeur Jourdan, Isabelle Champmoreau, Claude Gambey et Marie-Laure Mestre, directrice de l’ASS-NC.

 

Travail en co-construction

Coordonnée par Didier Jourdan, universitaire et chercheur spécialisé dans la prévention, la promotion de la santé et l’éducation à la santé, la réalisation des outils « Réussir, Être bien, Être ensemble » a mobilisé des équipes pluridisciplinaires de la direction de l’Enseignement, (DENC), de la direction diocésaine de l'école catholique (DDEC), du plan Do Kamo ou encore de l’Agence sanitaire et sociale (ASS-NC), qui finance sa mise en œuvre. « Nous avons apporté nos connaissances provenant de la recherche et nous soutenons la production et la mise en œuvre du projet, explique celui qui est aussi titulaire de la chaire Unesco « écoles, éducations et santé », partenaire du projet. À partir de cette base et des constats de santé en Nouvelle-Calédonie, nous avons pris le temps pour travailler avec les professionnels de l’école, en s’appuyant sur l’existant ». Vingt-deux conseillers pédagogiques ont notamment conçu les activités et les fiches, testées par une centaine d'enseignants de 40 écoles sur tout le territoire dans un véritable esprit de co-construction. L'étape suivante est de former les enseignants (lire l'encadré) au dispositif avant son déploiement à la rentrée 2020 à l'ensemble de écoles primaires. Dispositif qui fera rapidement l'objet d'analyses et d'évaluations.

 

Exemples d'activités

Rebee, ce sont par exemple des activités sur le langage, pour « apprendre à mettre des mots sur les maux », souligne Didier Jourdan. Plusieurs fiches s'appuient ainsi sur des ouvrages de littérature jeunesse, dont certains locaux, en français, en anglais ou en langues kanak, pour parler d'alimentation, savoir exprimer ses émotions... Ce sont aussi de nombreuses activités scientifiques pour travailler sur les bienfaits de l'eau, les microbes, les dangers des écrans, ou encore des jeux de rôle pour aborder le sujet sensible des situations de violence ou de harcèlement.

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Des activités ludiques pour travailler sur les microbes !

 

 

Le temps de la formation

Le professeur Jourdan est en mission en Nouvelle-Calédonie jusqu’au 13 décembre pour accompagner les conseillers pédagogiques de la DENC et de la DDEC durant les sept journées de formation au programme Rebee dispensée aux cadres de l’éducation et de la santé. Une « formation de formateurs » dans l'objectif que chaque province dispose ensuite des compétences nécessaires pour former leurs enseignants.