Le schéma handicap dans la dernière ligne droite

07 septembre 2017

Handicap et dépendance

Des progrès ont été accomplis en matière de handicap et de dépendance, mais il reste beaucoup de choses à faire.     De marches à gravir.

Des progrès ont été accomplis en matière de handicap et de dépendance, mais il reste beaucoup de choses à faire. De marches à gravir.

Lors du quatrième comité de pilotage (Copil) du Schéma directeur du handicap et de la dépendance (SDHD), ce mardi 5 septembre, Isabelle Champmoreau a restitué aux partenaires du gouvernement l’ensemble des travaux menés jusque-là. Ils devront en retour fournir une contribution écrite, laquelle sera intégrée au SDHD, avant passage devant les élus du Congrès.

Ce quatrième Comité de pilotage (Copil) représentait une sorte de point d’étape. À charge pour les partenaires « d’étudier les documents fournis et de nous faire des retours écrits, tant sur les actions repérées que sur leur priorisation au cours des cinq ans à venir », explique Séverine Evain-Bretesché, responsable du Conseil du handicap et de la dépendance (CHD) et animatrice de la réunion. Si la Nouvelle-Calédonie, pilote du SDHD, a déjà inscrit quelques chantiers au budget 2017 – soutien à la réalisation d’aménagements destinés à favoriser l’accès aux loisirs et à la culture, création d’un outil numérique permettant aux bénéficiaires et aux professionnels d’échanger (sur les droits, les aides…) –, les autres collectivités membres du Copil vont devoir à leur tour « s’approprier les actions qui relèvent de leurs compétences et en devenir les moteurs », indique Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement notamment en charge du handicap. C’est toute la difficulté de ce type de schéma aux compétences partagées ».

Une démarche transversale

Toute la richesse aussi. Car, comme le précise l’objectif initial, le handicap et la dépendance doivent être traités de manière transversale. Associés ou complémentaires du Schéma global des transports et de la mobilité, du Projet éducatif, du plan Do Kamo, de la Stratégie emploi et insertion ou encore des États généraux de l’habitat, pour ne citer que ces dispositifs. Tous connectés aux travaux  menés au sein du SDHD dont la réussite est liée à « une mise en œuvre coordonnée de ces différentes politiques publiques », « avec mutualisation des actions et/ou des financements ».

Aujourd’hui, deux préconisations dominent. L’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, d’abord. « Un chantier important, et le constat que la loi sur l’obligation d’emploi ne produit pas d’effets en matière d’embauche », souligne Séverine Evain-Bretesché. Seconde priorité, l’accessibilité au sens large du terme. À la formation, aux droits, etc. « C’est l’enjeu des enjeux !, affirme la responsable du CHD. Lorsqu’on a comme ambition l’inclusion des personnes en situation de handicap, il faut qu’elles puissent sortir de chez elle, pour aller chercher du boulot, avoir accès aux loisirs ou prendre les transports en commun ».

L’inclusion comme fil conducteur

 « L’inclusion reste le fil conducteur de notre réflexion, reprend Isabelle Champmoreau. Et, au-delà des actions à réaliser, nous tenons à positionner les notions de handicap et de dépendance sur le devant de la scène, en en parlant, en continuant à sensibiliser, car rien n’est jamais acquis ». Sans oublier le nerf de la guerre, le financement des régimes dans un cadre budgétaire contraint, avec un vieillissement continu de la population en situation de handicap et des besoins accrus en termes d’accueil, de soins ou de transports.

Dix-huit mois après le lancement du SDHD, les grandes lignes de la feuille de route partagée sont tracées et le plan d’action établi sur cinq ans. Les actions identifiées ont été mises en cohérence avec l’ensemble des politiques publiques portées par la Nouvelle-Calédonie. Aux partenaires du Copil d’étudier les travaux de restitution, de proposer ou d’amender, et de rendre leur contribution fin octobre. Si tout se passe au mieux, les élus du Congrès pourraient valider le schéma en fin d’année.

 

 

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Séverine Evain-Bretesché (CHD) et Isabelle Champmoreau (gouvernement), au cœur du schéma.

 

 

 

Cinq enjeux majeurs

Lancé en février 2016, le SDHD a pour ambition de « favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap et de dépendance dans la société calédonienne et permettre à chacun d’exprimer au mieux ses compétences et ses capacités pour être acteur de son parcours de vie… tout en définissant un modèle de financement durable ». Il repose sur 5 orientations stratégiques bâties autour de 12 objectifs spécifiques eux-mêmes déclinés en 29 objectifs opérationnels de second niveau et 124 actions identifiées par les groupes de travail. Celles-ci sont classées par ordre de priorité. Les diagnostics thématiques et les séminaire en Brousse et aux Îles ont fait ressortir 5 enjeux majeurs : assurer l’équité, changer le regard sur le handicap et la dépendance, former les professionnels et accompagner les aidants, renforcer le cadre réglementaire, coordonner les schémas et politiques en cours et à venir.

 

Qui siège au Copil ?

Outre le gouvernement et le Conseil du handicap et de la dépendance (CHD), le comité de pilotage du SDHD est composé des trois provinces, des communes, du Congrès, du Sénat coutumier, du Conseil économique, social et environnemental (Cese), du Service de l’aménagement et de la planification (SAP) de la Nouvelle-Calédonie, des deux associations de maires et des représentants d’associations de la société civile. Créé suite aux lois de janvier 2009 relatives à l’emploi des personnes en situation de handicap et portant création d’un régime d’aides en faveur de ce même public et des personnes en perte d’autonomie, le CHD est une instance qui réunit l’ensemble des collectivités et partenaires. Il a deux missions : l’une, technique, d’attribution des aides, l’autre, stratégique, d’accompagnement à la mise en œuvre de projets structurants comme le SDHD.

 

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