Point d’étape pour Do Kamo

26 septembre 2017

Do Kamo

Des commandes prioritaires ont été fixées pour le plan d’action Do Kamo : la pérennisation du système de protection sociale, la prévention des conduites à risques et la santé communautaire.

Des commandes prioritaires ont été fixées pour le plan d’action Do Kamo : la pérennisation du système de protection sociale, la prévention des conduites à risques et la santé communautaire.

Un comité de pilotage Do Kamo s’est tenu le 22 septembre en présence de Valentine Eurisouké, en charge notamment de la santé au gouvernement. Objectif : informer ses membres sur l’avancement des travaux du plan de santé calédonien.

Dix-huit ateliers, plus de 200 personnes engagées dans la démarche et de nombreuses heures de travail participatif. La mise en œuvre du plan « Do Kamo, Être épanoui », adopté au Congrès en mars 2016, mobilise de manière très large les acteurs de la santé, les citoyens-usagers, les institutions, le monde de l’éducation, de la recherche et du social. Avant le début des restitutions, Valentine Eurisouké a tenu à « remercier l’engagement bénévole » de bon nombre d’entre eux, « notamment les pilotes et copilotes, qui participent à cette co-construction de la réforme de notre système de santé ». La membre du gouvernement a ensuite rappelé les trois priorités fixées par le comité de pilotage qui doivent faire l’objet des premières actions concrètes d’ici à la fin de l’année : « la pérennisation de notre système de protection sociale, actuellement en grand danger, les comportements à risques, véritable fléau dans le pays, et la santé en communauté, qui permettrait de déclencher une dynamique collective ».

 

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Valentine Eurisouké a assisté au comité de pilotage Do Kamo qui s’est réuni dans l’auditorium de la province Sud.

 

 

Réduire les dépenses

Première urgence : la maîtrise des dépenses de santé. « 170 milliards de francs doivent être économisés d’ici à dix ans », a insisté Philippe Bedon, chargé de mission en économie de la santé au sein de l’équipe Do Kamo. Quatre des sept groupes qui travaillent sur ce sujet ont ouvert les échanges. Leurs travaux portent sur la prise en charge médico-chirurgicale de l’obésité, les évacuations sanitaires (Evasan), le nomadisme médical et les transports. « Dans chacun de ces domaines, plusieurs actions sont envisagées. Ainsi, pour les Evasan, une convention pourra être conclue entre l’État et le gouvernement afin que les Calédoniens bénéficient de tarifs préférentiels comme les Polynésiens, détaille Claude Gambey, chef du projet Do Kamo au gouvernement. Autre exemple, les critères de prise en charge des patients éligibles à la sleeve gastrectomie (ablation partielle de l’estomac, ndlr) devraient être plus rigoureux car c’est une opération qui coûte très cher chaque année au système de santé ».

Concertation

Autres grands axes de la réforme : proposer de nouveaux remboursements et de nouveaux financements, en veillant à ce que « les mesures soient économiquement efficaces, socialement équitables et les efforts répartis sur tous les acteurs », a souligné Philippe Bedon. C’est pourquoi le travail de concertation qui réunit professionnels du secteur, institutions, établissements de santé, caisses, etc. va se poursuivre dans les prochaines semaines.

 

 

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Philippe Bedon, économiste de la santé, chargé de mission en économie de la santé au sein de l’équipe Do Kamo.

 

 

 

 

Du plan stratégique aux actions

Ce comité de pilotage a été l’occasion de rappeler la méthode construite par l’équipe Do Kamo pour l’élaboration de son plan stratégique et de fiches opérationnelles, elles-mêmes nourries de fiches actions. Celles-ci aboutiront à divers rendus : délibérations, appels à projets, campagnes de sensibilisation… Ainsi, un des ateliers aura bientôt finalisé des recommandations en vue de la rédaction d’une pharmacopée calédonienne, un ouvrage décrivant les plantes locales et leurs usages thérapeutiques. Dans le domaine de l’éducation pour la santé en milieu scolaire, un travail conjoint entre le secteur de la santé et de l’enseignement est mené depuis 2016. Un projet de délibération, présenté au Congrès d’ici à la fin de l’année, portera sur les orientations générales de cette politique. La venue en Nouvelle-Calédonie du professeur Didier Jourdan, à l’origine de la chaire Unesco « Écoles, éducation et santé », a permis, à travers un séminaire de formation et des conférences sur cette thématique, une mise en synergie des acteurs de l’éducation et de la santé.     

 

Bien démarrer la vie

Dans le domaine des conduites à risques, le comité de pilotage Do Kamo a pu apprécier l'avancée des travaux du groupe « parentalité, périnatalité, petite enfance » qui doit donner naissance à huit fiches actions. L'une d'elles concerne la prévention des troubles causés par l'alcoolisation fœtale ou TCAF. « Un acronyme que tout le monde connaîtra une fois le programme mis en place ! », lance Estelle Poncet, chargée de mission anthropologue au sein de l’équipe Do Kamo. Les bénéfices attendus sont multiples : meilleur état de santé des enfants, meilleure reconnaissance et prise en charge d’un handicap méconnu, réduction des coûts de dépenses de santé, meilleure réussite scolaire chez tous les enfants, mieux-être chez les adolescents, diminution des troubles intrafamiliaux et des problématiques de délinquance. « L'objectif est de bien réussir le départ de vie pour avoir demain des adultes qui se sentent bien. Un peu à l'image de la fusée qui a été programmée pour aller sur la Lune. Il ne s'agit pas d'arriver sur Saturne ! » Les autres ateliers sur les conduites à risques planchent, quant à eux, sur la promotion de la santé en milieu scolaire, les conduites addictives, l'activité physique et la santé, l'estime de soi, l'alimentation et le bien-être.