Nouveaux moustiques, La Tontouta informée

29 septembre 2017

Société

D’autres moyens d’information ont été mis en place à destination de la population de La Tontouta : deux dépliants, un N° vert (05 11 03) et très prochainement, des référents de terrain

D’autres moyens d’information ont été mis en place à destination de la population de La Tontouta : deux dépliants, un N° vert (05 11 03) et très prochainement, des référents de terrain

La réunion publique portant sur le plan d’action du gouvernement pour lutter contre deux nouveaux moustiques a fait salle comble. Cette rencontre s’est tenue le 28 septembre à La Tontouta, la zone concernée par l’opération.

Agriculteurs, personnels de l’aéroport ou simples riverains étaient réunis à la mairie annexe afin d’écouter les explications des agents de la direction des Affaires sanitaires et sociales (Dass) et de la direction des Affaires vétérinaires, alimentaires et rurales (Davar) sur les mesures prises. Leur objectif ? Éliminer les nouvelles espèces de moustiques détectées dans une pépinière de La Tontouta et à l’aéroport : l’Aedes scutellaris, vecteur de la dengue, du zika et du chikungunya, et l’Anophele brancoftii, susceptible de transmettre le paludisme s’il pique une personne infectée. Une menace sérieuse pour la Nouvelle-Calédonie qui est indemne de cette maladie. Toutefois, une surveillance élargie a permis de constater que l’insecte est circonscrit dans une zone précise. « C’est pourquoi nous envisageons de pouvoir l’éradiquer », a annoncé Jean-Paul Grangeon, directeur adjoint de la DASS, à l’auditoire attentif.

Expertise

La Nouvelle-Calédonie a bénéficié fin août de la venue d’un expert australien, mandaté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour mettre au point les protocoles d’intervention. Dans un rayon de trois kilomètres autour des points de détection des moustiques, des zones de traitement avec du S-méthoprène (larvicide) et de la lambda-cyhalothrine (adulticide) ont été identifiées. Une surveillance entomologique et un suivi environnemental seront menés en parallèle.  « Ce programme de lutte a été couronné de succès en Nouvelle-Zélande au bout de deux ans. » Au vu de la situation en Nouvelle-Calédonie, les services sanitaires espèrent arriver au même résultat en quatre à six mois.

Lever les inquiétudes

Après les explications, est venu le temps des questions. « Comment se protéger ? Quel risque par rapport au paludisme ? Ces produits sont-ils dangereux pour les humains ? Et pour les bêtes ? », s’inquiètent également les éleveurs. Des craintes que les agents des services du gouvernement ont tenté de lever une à une. « Nous comprenons que toutes ces mesures puissent susciter des inquiétudes. Nous sommes justement là pour y répondre », a insisté Jean-Paul Grangeon. Sylvie, qui élève des chevaux avec son mari à La Tontouta, s’est sentie rassurée. « Après avoir entendu des choses chez les voisins, dans les médias, j’avais besoin d’avoir des explications de la part de gens compétents, des professionnels du domaine. »

Pour conclure, le directeur adjoint de la Dass a indiqué qu’il était « important de prendre conscience que nous sommes face à une situation potentiellement dangereuse . Le plan engagé par le gouvernement a privilégié des solutions efficaces qui visent aussi à respecter l’environnement et la santé des populations ».  

  

Traitement

Les épandages de S-méthoprène débuteront le 9 octobre par hélicoptère et cibleront les zones humides, gîtes naturels des Anopheles, à l’exception des milieux sensibles comme les mangroves. Ce larvicide est non toxique pour les humains et les mammifères. Pour s’attaquer aux moustiques adultes, de la lambda-cyhalothrine sera épandue par voie terrestre, sur des zones de végétation limitées au minimum, de manière à créer une « barrière » au niveau des zones de passage des moustiques.

 

Contrôle plus strict

Les nouveaux moustiques ont probablement été introduits sous forme de larves ou d’œufs dans des plantes ornementales importées. D’où un autre axe du plan de surveillance et de lutte du gouvernement : renforcer le contrôle phytosanitaire aux frontières. Ces plantes sont déjà soumises à certification et à un traitement insecticide, suivi d’un contrôle systématique à leur arrivée et un à traitement complémentaire en cas de suspicions. Un arrêté prévoit de durcir la réglementation. « Il propose d’étendre le retraitement à toutes les plantes ornementales importées hors Europe et à toutes les plantes à risques (broméliacées, bambous porte-bonheur) quelle que soit leur origine », détaille Valérie Campos, chef du service d’inspection vétérinaire alimentaire et phytosanitaire de la Davar. Le texte, qui a été soumis à consultation publique, sera prochainement présenté au gouvernement. Il contient également des mesures pour certaines marchandises à risques (pneus usagés, pots et poteries de jardin).