Les greffes

La greffe est une opération qui consiste à prendre des cellules, un tissu ou un organe d’une personne pour le placer chez une autre personne en remplacement de cellules, d’un tissu ou d’un organe qui dysfonctionne.

Une greffe nécessite au préalable, un prélèvement de cellules, de tissu ou d’organe sur une personne majeure et volontaire pour faire don d’un de ses organes (essentiellement moelle osseuse et rein) de son vivant ; ou sur une personne décédée, dès lors que celle-ci ne s’y est pas opposée de son vivant, en demandant notamment à être inscrite sur le registre national des refus.

Cadre réglementaire

Les activités de prélèvement et de greffe d’organes et de tissus développées en Nouvelle-Calédonie respectent les principes généraux fixés par les lois de bioéthique (compétence de l’État au titre de la garantie des libertés publiques) ; les principes entourant notamment le prélèvement (consentement, gratuité) sont notamment strictement respectés. Les conditions techniques sont fixées par une délibération de 2011, adaptant au contexte calédonien les prescriptions métropolitaines.

Le centre hospitalier territorial est le seul établissement sanitaire de Nouvelle-Calédonie autorisé à développer une activité de prélèvement et de greffe de tissus et d’organes. Son autorisation, accordée en 2013, limite cette activité au prélèvement de rein et à la greffe de cornées.

Concernant les autres organes, les patients calédoniens sont évacués en métropole, où ils attendent de recevoir l’organe indispensable à leur survie. C’est le cas des patients en attente de greffe de cœur, de poumon, de foie, de pancréas.

Procédure

L’indication d’une greffe est posée au cours du suivi d’une pathologie d’organe. Elle repose sur les résultats d’un bilan complet comportant des examens cliniques, biologiques et tissulaires (groupage tissulaire en vue de rechercher le donneur le plus compatible afin d’éviter le rejet). La personne est inscrite sur la Liste Nationale d’Attente, gérée par l’Agence de la Biomédecine, au sein de laquelle sera recherché un donneur potentiel à partir de critères de compatibilité.

Cas particulier de la greffe de rein

La Nouvelle-Calédonie est très concernée par la greffe d’organes, puisque sa population est particulièrement touchée par l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT), dont les indicateurs sont alarmants. La greffe de rein, lorsqu’elle est envisageable, est en effet le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale. Le rein greffé permet le plus souvent d'assurer normalement toutes les fonctions du rein, sous réserve d’un traitement immunosuppresseur pris à vie par le receveur.

Cette méthode est privilégiée aujourd’hui car elle améliore considérablement l’espérance et la qualité de vie du patient par rapport à une épuration par hémodialyse ou par dialyse péritonéale avec des séances répétées trois à cinq fois par semaine. Elle est également moins coûteuse pour les organismes de protection sociale.

La greffe de rein est rendue possible grâce à un don d’organes à partir d’un donneur vivant ou d’un donneur décédé.

La greffe rénale à partir d’un donneur vivant compatible est le traitement de l’insuffisance rénale qui donne les meilleurs résultats. Il est possible de vivre normalement avec un seul rein fonctionnel. Une personne majeure vivante, volontaire et en bonne santé, peut donc donner un rein à un de ses proches dans les conditions définies par la loi ; en Nouvelle-Calédonie, le prélèvement de rein et la greffe sont la plupart du temps effectués en Australie.

Le prélèvement d’organes est aussi, dans la grande majorité des cas, envisagé sur une personne décédée à l’hôpital suite à un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien ou une anoxie prolongée, conduisant à l’arrêt irréversible de l’activité cérébrale, appelée la mort encéphalique. L’autorisation accordée au CHT lui permet de réaliser le prélèvement de rein sur personne décédée en Nouvelle-Calédonie, la greffe étant réalisée en Australie.

Compte tenu du nombre réduit de donneurs potentiels locaux, des patients suivis en Nouvelle-Calédonie pour une insuffisance rénale chronique terminale continuent d’être adressés en métropole dans l’attente d’une greffe qui sera effectuée dans un centre de greffe métropolitain.

71 patients calédoniens ont été greffés du rein depuis 2013

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